mon cheval a plus de 40 de fievre
La température normale d'un cheval au repos se situe entre 37,2 et 38,3 °C environ. Au-delà de 40 °C, la fièvre traduit une réaction intense de l'organisme, qui peut accompagner une infection généralisée, une maladie contagieuse comme la gourme ou un coup de chaleur. Plusieurs de ces causes mettent la vie du cheval en jeu en moins de vingt-quatre heures, et plusieurs se transmettent aux autres chevaux de l'écurie. Contactez immédiatement un vétérinaire ou un service de garde, sans attendre l'évolution, et isolez votre cheval. Le questionnaire ci-dessous aide à préciser l'orientation, mais ne doit pas retarder l'appel.
Urgence — appelez tout de suite
Appelez immédiatement votre vétérinaire ou un service de garde, sans attendre le questionnaire, si :
- sa température dépasse 40 °C
- il est abattu, refuse de manger ou reste immobile la tête basse
- ses gencives sont pâles, très rouges ou violacées, sa respiration est rapide
- il tousse, présente un jetage épais ou des ganglions gonflés sous la gorge
- d'autres chevaux de l'écurie ont de la fièvre en même temps
Préciser votre situation
Répondez à une ou deux questions pour obtenir tout de suite une orientation adaptée. Ce parcours complète les informations ci-dessous ; il ne les remplace pas.
La température de votre cheval dépasse-t-elle 40 °C, ou est-il abattu et refuse-t-il de manger ?
Pourquoi ces signes sont préoccupants
La température d'un cheval adulte au repos se situe entre 37,2 et 38,3 °C environ. Au-dessus de 38,5 °C, on parle de fièvre. À plus de 40 °C, l'organisme est engagé dans une réaction intense, et cette réaction a toujours une cause qu'il faut identifier vite.
Une fièvre élevée peut accompagner une infection généralisée, une septicémie, une maladie contagieuse comme la gourme, une pneumonie, une pleurésie, ou encore un coup de chaleur. Chez le cheval, la fièvre précède souvent de plusieurs jours les autres signes : c'est parfois le seul indice d'une maladie qui se prépare.
Deux raisons imposent d'agir tout de suite. La première : certaines de ces causes mettent la vie du cheval en jeu en moins de vingt-quatre heures. La seconde : plusieurs sont contagieuses, et le premier cheval fiévreux d'une écurie peut en contaminer beaucoup d'autres. Appelez un vétérinaire sans attendre l'évolution.
Les signes d'alerte à reconnaître
Prenez la température par voie rectale, cheval au calme, et regardez l'ensemble du tableau :
- une température supérieure à 40 °C, ou qui remonte après être redescendue ;
- un cheval abattu, immobile, la tête basse, qui ne réagit plus comme d'habitude ;
- un refus de manger ou de boire ;
- des gencives pâles, très rouges, foncées ou violacées, et un temps de recoloration allongé ;
- une respiration rapide au repos, des naseaux dilatés, une toux ;
- un jetage épais ou coloré, des ganglions gonflés sous la gorge ou entre les branches de la mâchoire ;
- des tremblements, des sueurs, des membres froids ou au contraire brûlants ;
- de la diarrhée, des signes de colique, une boiterie sur plusieurs pieds ;
- d'autres chevaux de l'écurie fiévreux au même moment.
Notez que la température monte naturellement un peu après un effort ou par forte chaleur. Une valeur au-dessus de 40 °C chez un cheval au repos ne s'explique jamais ainsi.
Les causes possibles les plus fréquentes
Seul un vétérinaire, après avoir examiné votre cheval, peut dire de quoi il s'agit. Parmi les causes possibles :
- Une infection virale : grippe équine, herpèsvirus, artérite. La fièvre est souvent la première manifestation, avant la toux et le jetage.
- La gourme : maladie bactérienne très contagieuse, avec fièvre, jetage épais et ganglions gonflés sous la gorge qui peuvent former des abcès.
- Une infection bactérienne généralisée ou une septicémie, à partir d'une plaie, d'une lymphangite, d'un abcès ou d'un utérus infecté.
- Une pneumonie ou une pleurésie, souvent dans les jours qui suivent un long transport.
- Une maladie transmise par les tiques, avec fièvre élevée, abattement et parfois membres gonflés.
- Un coup de chaleur : effort ou transport par forte température, cheval brûlant, transpirant ou au contraire sec, en détresse.
- Une infection localisée : dent, sinus, sabot, articulation, qui retentit sur tout l'organisme.
Ce qu'il faut faire immédiatement
- Appelez tout de suite votre vétérinaire équin ou le service de garde, en donnant la valeur exacte et l'heure de la mesure.
- Isolez le cheval et limitez les contacts s'il y a plusieurs chevaux : box séparé, matériel dédié, pas de contact naseaux contre naseaux, lavage des mains entre chaque box.
- Notez la température, l'heure, et prenez aussi celle des autres chevaux de l'écurie. Un tableau simple sur une feuille rend un immense service.
- Laissez l'eau à disposition, fraîche et propre, et proposez un fourrage appétant.
- Placez-le dans un endroit ombragé et ventilé, sans courant d'air glacé.
- Suspendez tout travail, tout transport et toute sortie en concours, pour lui comme pour l'écurie.
Ce qu'il faut éviter
- Ne le couvrez pas et ne le laissez pas au soleil. S'il revient d'un effort, d'un transport ou d'une journée de canicule et que sa peau est brûlante, arrosez-le abondamment à l'eau froide sur tout le corps — encolure, dos, flancs, croupe et membres — sans attendre, et recommencez jusqu'à l'arrivée du vétérinaire. Ce qui est dangereux dans un coup de chaleur, ce n'est pas l'eau froide : c'est d'attendre.
- Ne donnez aucun médicament, en particulier aucun anti-inflammatoire ou anti-pyrétique : il fait tomber la fièvre, masque la gravité et fausse complètement l'évaluation.
- Ne le couvrez pas lourdement s'il est déjà brûlant.
- Ne le déplacez pas vers un autre site et ne le mélangez pas à d'autres chevaux.
- Ne partagez pas seau, thermomètre, licol ou brosses entre les chevaux tant que la cause n'est pas connue.
- N'attendez pas le lendemain pour voir si la fièvre tombe seule.
- Ne considérez pas qu'une fièvre redescendue sous 39 °C règle la question : elle remonte souvent.
Les informations utiles à transmettre au vétérinaire
Pour aider l'équipe à se préparer, rassemblez si possible :
- la température exacte, l'heure de la mesure et les valeurs précédentes ;
- l'appétit, la prise d'eau, l'état des crottins ;
- la présence d'une toux, d'un jetage et sa couleur, de ganglions gonflés ;
- l'état des autres chevaux de l'écurie et leur température ;
- les mouvements récents : transport, concours, arrivée d'un nouveau cheval, changement de pension ;
- le statut vaccinal et la date des derniers rappels, la dernière vermifugation ;
- les plaies, abcès, boiteries ou soins récents ;
- la couleur des gencives et le rythme respiratoire si vous savez les évaluer.
Le déroulement probable de la prise en charge
Le vétérinaire réalise un examen général complet : température, fréquence cardiaque et respiratoire, auscultation des poumons et de l'abdomen, palpation des ganglions, examen des muqueuses et des membres.
Selon ce qu'il trouve, il peut proposer une prise de sang avec numération et marqueurs de l'inflammation, un écouvillon nasopharyngé ou un lavage pour rechercher un virus ou la bactérie de la gourme, une échographie du thorax ou de l'abdomen. Il met en place les mesures de biosécurité adaptées à l'écurie et décide, seul, d'un éventuel traitement. Une fièvre élevée qui dure impose souvent une perfusion et une surveillance rapprochée.
Ceci décrit un déroulement possible, et non un diagnostic. Seul un vétérinaire, après avoir examiné votre cheval, peut dire de quoi il s'agit.
Les autres causes possibles de ces signes
Une température élevée peut aussi renvoyer à d'autres situations, qui appellent la même prudence :
- une colique compliquée d'une péritonite, avec fièvre, abattement et douleur abdominale ;
- une fourbure déclenchée par l'infection, avec un cheval campé qui refuse d'avancer ;
- une myosite après un effort, avec muscles durs et urines foncées ;
- une réaction vaccinale passagère dans les vingt-quatre à quarante-huit heures qui suivent une injection ;
- une hyperthermie d'environnement : van surchauffé, journée caniculaire, cheval à robe foncée sans ombre ;
- une mesure erronée : thermomètre mal placé, crottin dans le rectum, appareil défectueux. Reprenez la mesure avant de conclure.
Comme il est impossible de faire la différence de l'extérieur, et que plusieurs de ces causes sont graves ou contagieuses, la conduite la plus sûre reste la même : appelez immédiatement un vétérinaire.
Votre vétérinaire habituel
C'est lui qui connaît votre animal ; appelez-le en priorité, même en dehors des heures d'ouverture (message de garde).
Une urgence près de chez vous
Consultez la page des urgences vétérinaires, par canton : Fribourg · Genève · Jura · Neuchâtel · Valais · Vaud.
Toutes les urgences · Annuaire des vétérinaires
Sources
- Strangles in Horses — MSD Veterinary Manual
- Strangles (Distemper) in Horses (Horse Owners) — MSD Veterinary Manual
Mise à jour : 2026-08-12. Orientation destinée au propriétaire ; elle ne remplace pas l'examen d'un vétérinaire.