mon cheval se roule et transpire
Un cheval qui se roule de façon répétée et transpire au repos exprime une douleur abdominale. Ces signes peuvent notamment être compatibles avec une colique, parfois liée à un déplacement ou à une torsion de l'intestin. Cette situation peut évoluer en quelques heures et mettre la vie du cheval en danger. Contactez immédiatement un vétérinaire ou un service de garde. Le questionnaire ci-dessous aide à préciser l'orientation, mais ne doit pas retarder l'appel.
Urgence — appelez tout de suite
Appelez immédiatement votre vétérinaire ou un service de garde, sans attendre le questionnaire, si :
- il se roule ou se jette au sol de façon répétée
- il transpire alors qu'il est au repos
- il gratte le sol, se regarde le ventre, se campe comme pour uriner
- ses gencives sont pâles, foncées ou violacées, sa respiration est rapide
- il n'a plus fait de crottins depuis plusieurs heures
Préciser votre situation
Répondez à une ou deux questions pour obtenir tout de suite une orientation adaptée. Ce parcours complète les informations ci-dessous ; il ne les remplace pas.
Votre cheval se roule, se jette au sol ou transpire alors qu'il est au repos ?
Pourquoi ces signes sont préoccupants
Un cheval qui se roule de façon répétée et transpire au repos exprime une douleur abdominale. C'est ce qu'on appelle une colique. Le mot désigne un signe, pas une maladie précise : derrière lui se cachent des situations très différentes, d'une simple accumulation de gaz à un déplacement ou une torsion de l'intestin.
Le cheval possède un tube digestif très long, replié, et il ne peut pas vomir. Lorsqu'un segment se bloque ou se retourne, la pression monte et la circulation du sang dans l'intestin se trouve entravée. C'est ce qui rend certaines coliques rapidement mortelles, parfois en quelques heures, et parfois chirurgicales.
De l'extérieur, rien ne permet de distinguer une colique bénigne d'une colique grave. Un cheval qui se roule et transpire doit donc être vu par un vétérinaire sans attendre l'évolution.
Les signes d'alerte à reconnaître
Ces signes doivent vous alerter, surtout s'ils se répètent ou s'aggravent :
- le cheval se couche et se relève sans arrêt, se roule, se jette au sol parfois violemment ;
- il transpire alors qu'il ne travaille pas, ou tremble ;
- il gratte le sol, se retourne pour regarder son ventre, donne des coups de pied vers l'abdomen ;
- il se campe comme pour uriner sans y parvenir ;
- il ne mange plus, ne boit plus, ne fait plus de crottins ;
- sa respiration s'accélère, ses naseaux se dilatent ;
- ses gencives deviennent pâles, très rouges, foncées ou violacées.
Un cheval devenu soudainement calme après une phase de douleur intense n'est pas forcément tiré d'affaire : l'épuisement peut donner cette fausse impression. Appelez malgré tout.
Ce qu'il faut faire immédiatement
- Appelez tout de suite votre vétérinaire équin ou le service de garde, en décrivant ce que vous voyez et l'heure à laquelle cela a commencé.
- Retirez toute nourriture : foin, herbe, granulés, friandises. Laissez l'eau à disposition sauf avis contraire.
- Restez auprès de votre cheval. S'il cherche à se jeter au sol dans un endroit dangereux, tenez-le en main et faites-le marcher au pas, calmement, sur un sol sûr.
- Préparez le déplacement : van attelé, papiers du cheval, accès dégagé, éclairage la nuit. Une orientation vers une clinique peut être décidée rapidement.
- Notez l'heure de début, la fréquence des crises, le dernier repas et le dernier crottin.
Ce qu'il faut éviter
- N'attendez pas de voir « si ça passe » : une colique grave ne se règle pas toute seule, et chaque heure compte.
- Ne donnez aucun médicament, notamment aucun anti-douleur, sans avis vétérinaire : il masque la gravité et fausse complètement l'examen.
- Ne le forcez pas à marcher pendant des heures : la marche calme aide à éviter les blessures, elle ne soigne pas la colique et épuise un cheval déjà en souffrance.
- Ne lui donnez ni foin ni granulés, même s'il semble aller mieux.
- N'administrez pas d'huile ou de remède maison par la bouche : le risque de fausse route est réel.
- Ne le laissez pas seul.
Les informations utiles à transmettre au vétérinaire
Pour aider l'équipe à se préparer, rassemblez si possible :
- l'heure de début des signes et le rythme des crises de douleur ;
- le dernier crottin observé et son aspect ;
- le dernier repas et tout changement récent d'alimentation, de foin ou de pré ;
- la température si vous savez la prendre, et la couleur des gencives ;
- l'âge, le poids approximatif et les antécédents : coliques précédentes, chirurgie, ulcères, traitements en cours ;
- la dernière vermifugation et les derniers soins dentaires ;
- l'accès à l'eau et le contexte : transport, sable, changement de saison, stress.
Le déroulement probable de la prise en charge
Sur place, le vétérinaire évalue la douleur et l'état général : fréquence cardiaque, couleur des muqueuses, auscultation de l'abdomen. Il peut poser une sonde nasogastrique pour vérifier si l'estomac se vide, réaliser une palpation transrectale, une échographie ou une ponction de liquide abdominal.
Il administre en général un antalgique et surveille la réponse : une douleur qui revient vite malgré le traitement est un signal fort. Selon la situation, un transfert en clinique équine peut être décidé, parfois pour une chirurgie.
Ceci décrit un déroulement possible, et non un diagnostic. Ce qui est certain, c'est qu'une prise en charge précoce améliore nettement les chances, en particulier lorsqu'une chirurgie devient nécessaire.
Les autres causes possibles de ces signes
Se rouler et transpirer ne signifie pas toujours une colique digestive. D'autres explications existent, et aucune n'est rassurante :
- une myosite (« coup de sang ») : muscles durs et douloureux, transpiration, urines foncées, souvent après un effort ;
- une fourbure aiguë : douleur intense aux pieds, cheval campé qui refuse d'avancer ;
- un coup de chaleur par forte température ;
- une difficulté à uriner ou une atteinte urinaire ;
- chez une jument à terme, un poulinage qui commence ou qui se passe mal.
Comme il est impossible de faire la différence de l'extérieur, et que les causes les plus graves constituent de véritables urgences, la conduite la plus sûre reste la même : appelez immédiatement un vétérinaire.
Votre vétérinaire habituel
C'est lui qui connaît votre animal ; appelez-le en priorité, même en dehors des heures d'ouverture (message de garde).
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Sources
- Overview of Colic in Horses — MSD Veterinary Manual
- Colic in Horses (Horse Owners) — MSD Veterinary Manual
Mise à jour : 2026-08-12. Orientation destinée au propriétaire ; elle ne remplace pas l'examen d'un vétérinaire.