jetage vert par le nez cheval
Un jetage vert, épais, mêlé de foin ou de granulés, ne vient pas des poumons : il vient du repas. Ces signes peuvent notamment être compatibles avec une obstruction de l'œsophage, ce que l'on appelle un bouchon œsophagien, ou avec une fausse déglutition. Le risque principal est l'inhalation d'aliments, qui provoque une pneumonie par aspiration. Appelez immédiatement un vétérinaire ou un service de garde, sans attendre de voir si cela passe tout seul. Le questionnaire ci-dessous aide à préciser l'orientation, mais ne doit pas retarder l'appel.
Urgence — appelez tout de suite
Appelez immédiatement votre vétérinaire ou un service de garde, sans attendre le questionnaire, si :
- des aliments verdâtres ou de la salive coulent par les naseaux
- il tousse, tend l'encolure et fait des efforts répétés pour avaler
- il bave abondamment et ne parvient plus à avaler sa salive
- une bosse dure apparaît le long de l'encolure, du côté gauche
- il respire vite, a de la fièvre ou paraît abattu
Préciser votre situation
Répondez à une ou deux questions pour obtenir tout de suite une orientation adaptée. Ce parcours complète les informations ci-dessous ; il ne les remplace pas.
Des aliments ou de la salive ressortent-ils par les naseaux de votre cheval ?
Pourquoi ces signes sont préoccupants
Un jetage vert, épais, mêlé de brins de foin ou de granulés, ne vient pas des poumons : il vient du repas, resté bloqué dans l'œsophage. Des aliments qui ressortent par les naseaux signifient qu'ils n'ont pas pu descendre. Cette situation évoque en premier lieu une obstruction de l'œsophage, ce que les cavaliers appellent un bouchon œsophagien.
Le cheval ne peut pas vomir. Lorsqu'un bol alimentaire se bloque dans l'œsophage, tout ce qui arrive derrière s'accumule, remonte par la gorge et ressort par les naseaux, mêlé à la salive. Le cheval continue à saliver, sans pouvoir avaler.
Le vrai danger n'est pas le bouchon lui-même : c'est ce qui peut passer dans les voies respiratoires. Des aliments inhalés provoquent une pneumonie par aspiration, une infection grave qui se déclare dans les jours suivants. Un bouchon qui dure abîme aussi la paroi de l'œsophage. Appelez immédiatement un vétérinaire, sans attendre de voir si cela passe tout seul.
Les signes d'alerte à reconnaître
Restez au calme près de votre cheval et observez :
- un jetage verdâtre ou brunâtre sort des deux naseaux, avec des brins de fourrage ou des granulés délayés ;
- il bave abondamment, de la salive coule par la bouche ;
- il tend l'encolure, la balance de haut en bas, fait des efforts de déglutition répétés ;
- il tousse par quintes, surtout au moment où il essaie d'avaler ;
- une bosse dure apparaît le long de l'encolure, généralement à gauche, dans la gouttière jugulaire ;
- il paraît anxieux, transpire, gratte le sol, ou au contraire reste abattu, tête basse ;
- il revient vers sa mangeoire, tente de manger, puis recrache ;
- sa respiration s'accélère, il a de la fièvre ou refuse de bouger : ces signes évoquent une atteinte des poumons.
Un jetage vert peut aussi apparaître quelques heures après un épisode qui semblait résolu. Signalez-le dans tous les cas.
Les causes possibles les plus fréquentes
Seul un examen permet de trancher, mais parmi les causes possibles :
- Obstruction de l'œsophage (« bouchon œsophagien ») : un bol de granulés, de pulpe de betterave mal trempée, de foin sec ou un morceau de pomme ou de carotte se bloque dans l'œsophage. C'est la cause la plus fréquente de jetage vert.
- Cheval qui mange trop vite : cheval glouton, distribution après un long jeûne, concurrence entre chevaux au moment du repas.
- Problème dentaire : surdents ou usure irrégulière qui empêchent de broyer correctement les aliments avant de les avaler.
- Fausse déglutition : le cheval avale de travers, une partie du bol passe vers les voies respiratoires.
- Trouble de la déglutition d'origine nerveuse ou lié à une atteinte de la gorge, avec un cheval qui n'arrive plus à avaler correctement.
- Rétrécissement de l'œsophage après un bouchon précédent : les épisodes se répètent alors plus facilement.
- Pneumonie par aspiration : conséquence redoutée, avec fièvre, abattement, respiration rapide et jetage souvent malodorant.
Ce qu'il faut faire immédiatement
- Appelez tout de suite votre vétérinaire équin ou le service de garde, et décrivez l'aspect du jetage, l'heure du dernier repas et ce qu'il a mangé.
- Retirez immédiatement tout aliment et l'eau : videz la mangeoire, enlevez le foin, fermez l'accès au râtelier, à l'abreuvoir et au seau. Tout ce qu'il avalera viendra s'ajouter derrière le bouchon.
- Sortez-le du pré ou clôturez-le à l'écart de l'herbe, sur un sol nu ou un box sans paille comestible si possible.
- Gardez la tête basse. Laissez-le porter la tête vers le sol, ne l'attachez pas court en hauteur : la salive et les aliments doivent pouvoir s'évacuer vers l'extérieur plutôt que vers les poumons.
- Ne lui donnez rien par la bouche : ni eau, ni huile, ni seringue, ni médicament.
- Gardez-le au calme, sans agitation autour de lui, et restez présent.
- Notez l'heure du début, la nature du dernier repas et les épisodes similaires antérieurs.
- Préparez l'accès pour le vétérinaire et prévoyez de la lumière si la nuit tombe.
Ce qu'il faut éviter
- N'essayez pas de faire passer le bouchon vous-même : ni massage énergique de l'encolure, ni tuyau, ni sonde, ni objet introduit dans la bouche ou le nez. Le risque de déchirer l'œsophage est réel.
- Ne donnez rien à boire tant que le vétérinaire ne l'a pas autorisé, même si votre cheval semble avoir soif.
- Ne lui donnez ni huile, ni bière, ni remède maison par la bouche : ces liquides partent facilement dans les poumons.
- Ne relevez pas sa tête et ne l'attachez pas haut.
- Ne redonnez pas à manger dès que le jetage s'arrête : la reprise alimentaire se fait selon un protocole donné par le vétérinaire.
- Ne donnez aucun médicament, notamment aucun calmant ni anti-inflammatoire, sans avis vétérinaire.
- N'attendez pas le lendemain : plus le bouchon dure, plus la paroi de l'œsophage souffre et plus le risque pour les poumons augmente.
Les informations utiles à transmettre au vétérinaire
Pour aider l'équipe à se préparer, rassemblez si possible :
- l'heure de début et la durée des signes ;
- le dernier repas : granulés, pulpe de betterave, foin sec, pomme, carotte, et la quantité ;
- l'aspect du jetage : couleur, présence de fourrage, de salive, odeur ;
- s'il tousse, s'il bave, s'il tente encore d'avaler ;
- la température si vous savez la prendre, et le rythme respiratoire ;
- les épisodes précédents de bouchon, et leur date ;
- la date du dernier contrôle dentaire et l'état des dents ;
- l'âge, le poids approximatif et les traitements en cours ;
- la manière de manger : cheval glouton, repas pris en concurrence, longue attente avant la distribution.
Le déroulement probable de la prise en charge
Sur place, le vétérinaire évalue l'état général, palpe l'encolure à la recherche du bouchon et écoute les poumons. Il administre en général un traitement pour détendre l'œsophage et calmer le cheval, ce qui suffit parfois à laisser passer l'obstruction.
Si nécessaire, il pose une sonde nasogastrique et procède à des lavages doux et répétés pour déloger le bol alimentaire, tête basse afin d'éviter que le liquide parte vers les poumons. Une endoscopie peut vérifier l'état de la paroi de l'œsophage une fois le bouchon levé, et une échographie du thorax ou une prise de sang rechercher une atteinte pulmonaire. La reprise alimentaire est ensuite progressive, souvent avec des aliments trempés, et un contrôle dentaire est fréquemment conseillé.
Ceci décrit un déroulement possible, et non un diagnostic. Seul un vétérinaire, après avoir examiné votre cheval, peut dire de quoi il s'agit.
Les autres causes possibles de ces signes
Un écoulement vert ou alimentaire par les naseaux peut aussi correspondre à d'autres situations, toutes sérieuses :
- une atteinte de la gorge ou une inflammation du pharynx qui gêne la déglutition ;
- une maladie des poches gutturales, avec jetage et difficulté à avaler ;
- une paralysie de la déglutition d'origine nerveuse, notamment lors de botulisme ;
- un abcès ou une masse comprimant l'œsophage le long de l'encolure ;
- une plaie ou un corps étranger dans la bouche ou dans la gorge ;
- une infection respiratoire évoluée, avec un jetage épais et malodorant.
Comme il est impossible de faire la différence de l'extérieur, et que le risque de pneumonie par aspiration se joue dès les premières heures, la conduite la plus sûre reste la même : retirez tout aliment et l'eau, gardez la tête basse et appelez immédiatement un vétérinaire.
Votre vétérinaire habituel
C'est lui qui connaît votre animal ; appelez-le en priorité, même en dehors des heures d'ouverture (message de garde).
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Sources
- Esophageal Obstruction in Large Animals — MSD Veterinary Manual
- Disorders of the Esophagus in Horses (Horse Owners) — MSD Veterinary Manual
Mise à jour : 2026-08-12. Orientation destinée au propriétaire ; elle ne remplace pas l'examen d'un vétérinaire.