cheval qui tremble et bave beaucoup
Un cheval qui tremble et bave abondamment signale une atteinte du système nerveux, une difficulté à avaler ou une douleur intense. Une intoxication figure parmi les premières hypothèses : if, érable sycomore, glands, plantes d'ornement, mycotoxines d'un foin moisi. Certaines de ces causes tuent en moins d'une heure, et rien ne permet de les distinguer de l'extérieur. Contactez immédiatement un vétérinaire ou un service de garde, sans attendre l'évolution, retirez le cheval de la source suspectée et gardez un échantillon. Le questionnaire ci-dessous aide à préciser l'orientation, mais ne doit pas retarder l'appel.
Urgence — appelez tout de suite
Appelez immédiatement votre vétérinaire ou un service de garde, sans attendre le questionnaire, si :
- il tremble, bave abondamment et titube ou pousse contre le mur
- il a du mal à avaler, la langue pend ou des aliments ressortent par les naseaux
- vous l'avez trouvé près d'un if, d'un érable sycomore, de glands ou de branchages coupés
- ses muscles sont durs, il transpire au repos, ses urines sont foncées
- il se couche, n'arrive plus à se relever ou paraît très abattu
Préciser votre situation
Répondez à une ou deux questions pour obtenir tout de suite une orientation adaptée. Ce parcours complète les informations ci-dessous ; il ne les remplace pas.
Votre cheval tremble et bave, titube ou a du mal à avaler ?
Pourquoi ces signes sont préoccupants
Un cheval qui tremble et bave abondamment vous signale que quelque chose touche son système nerveux, sa capacité à avaler, ou qu'il souffre beaucoup. Ces trois pistes sont graves, et aucune ne se règle par l'attente.
La salive du cheval coule quand il ne peut plus déglutir normalement. Le tremblement, lui, accompagne aussi bien une intoxication qu'une atteinte neurologique, une douleur intense ou une atteinte musculaire. Certaines plantes toxiques, comme l'if, tuent un cheval en moins d'une heure. Les samares et les jeunes pousses d'érable sycomore provoquent une atteinte musculaire souvent mortelle. Les mycotoxines d'un foin moisi agissent plus lentement, mais tout aussi sérieusement.
De l'extérieur, rien ne permet de distinguer ces situations les unes des autres. Un cheval qui tremble et bave doit donc être vu par un vétérinaire sans attendre l'évolution. Si plusieurs chevaux partagent le même pré ou le même foin, ils sont potentiellement tous concernés.
Les signes d'alerte à reconnaître
Observez votre cheval à distance d'abord, sans le stimuler :
- il bave en filets continus, la bouche entrouverte, parfois avec de la mousse ;
- il tremble, par secousses ou de façon continue, et transpire alors qu'il ne travaille pas ;
- il titube, croise les membres, s'appuie contre un mur ou pousse la tête dedans ;
- il n'arrive plus à avaler : la langue pend, l'eau ou les aliments ressortent par les naseaux ;
- ses muscles sont durs, il se déplace raide, ses urines sont brun foncé ;
- ses paupières tombent, ses lèvres sont molles, sa voix change ;
- il se couche et n'arrive plus à se relever ;
- ses gencives sont pâles, foncées ou violacées, sa respiration s'accélère.
Un cheval qui bave sans autre signe, en pleine forme et qui mange, relève rarement d'une urgence vitale. Mais la combinaison tremblements et salivation ne s'observe pas chez un cheval en bonne santé.
Les causes possibles les plus fréquentes
Seul un vétérinaire, après avoir examiné votre cheval, peut dire de quoi il s'agit. Parmi les causes possibles :
- Une intoxication par une plante : if, érable sycomore et ses samares, glands, séneçon, laurier-rose, buis, plantes d'ornement jetées près du pré. L'if est presque toujours foudroyant.
- Des mycotoxines présentes dans un foin moisi, un fond de silo ou un aliment mal conservé.
- Le botulisme, souvent lié à un fourrage contaminé par une carcasse : le cheval n'arrive plus à avaler, la langue est molle, la faiblesse s'installe.
- Une atteinte neurologique : virus, tétanos, encéphalite, atteinte du tronc cérébral. Le cheval titube, se comporte anormalement, présente des paralysies.
- Une obstruction de l'œsophage : le cheval bave, tousse, tend l'encolure, et des aliments ressortent par les naseaux.
- Une douleur intense : colique, myosite, fourbure aiguë. La douleur seule suffit à faire trembler et transpirer un cheval.
- Un problème dans la bouche : corps étranger planté, dent fracturée, blessure de langue.
Ce qu'il faut faire immédiatement
- Appelez tout de suite votre vétérinaire équin ou le service de garde, et décrivez ce que vous voyez ainsi que l'heure à laquelle cela a commencé.
- Retirez le cheval du pré ou de la source suspectée, et sortez aussi les autres chevaux qui partagent ce pré, ce foin ou cet aliment.
- Gardez un échantillon de la plante, des branchages, du foin ou de l'aliment, dans un sac fermé. Photographiez le pré, les arbres alentour, les déchets de tonte ou les tas de branches.
- Notez l'heure précise du premier signe, le dernier moment où il allait bien, et le dernier repas.
- Retirez le foin et les granulés et demandez au vétérinaire, au téléphone, s'il faut laisser l'eau à disposition.
- Placez-le au calme, dans un endroit sûr, sans obstacle contre lequel il pourrait se blesser s'il titube.
Ce qu'il faut éviter
- Ne lui administrez rien par la bouche : ni huile, ni charbon, ni remède maison, ni eau à la seringue. Un cheval qui n'avale plus fait une fausse route, et l'aliment part dans les poumons.
- Ne donnez aucun médicament sans avis vétérinaire, même un anti-inflammatoire courant.
- Ne jetez pas la plante suspecte, le reste de foin ou l'emballage de l'aliment : ce sont des pièces essentielles.
- Ne le faites pas marcher longuement et ne le forcez pas à avancer s'il titube.
- Ne mettez pas vos mains dans sa bouche : un cheval en détresse neurologique mord sans le vouloir.
- N'attendez pas de voir si cela passe. Avec l'if, il n'y a pas de deuxième chance.
- Ne remettez aucun autre cheval sur ce pré tant que la cause n'est pas identifiée.
Les informations utiles à transmettre au vétérinaire
Pour aider l'équipe à se préparer, rassemblez si possible :
- l'heure d'apparition des signes et leur évolution depuis ;
- ce que vous avez trouvé autour de lui : plantes, arbres, branchages, déchets de tonte, sacs d'aliment ;
- tout changement récent de foin, de pré, de paddock, de complément ;
- l'état des autres chevaux du même lot ;
- la capacité à avaler : boit-il, mange-t-il, les aliments ressortent-ils par les naseaux ;
- la couleur des urines et la dureté des muscles ;
- la température, la couleur des gencives et le rythme respiratoire si vous savez les évaluer ;
- le statut vaccinal, notamment tétanos, et les traitements en cours.
Le déroulement probable de la prise en charge
Le vétérinaire commence par apprécier l'état général et par réaliser un examen neurologique : réflexes, démarche, position de la tête, tonus de la langue. Il ausculte le cœur et l'abdomen, prend la température, et cherche une cause locale dans la bouche ou dans l'œsophage.
Selon ce qu'il trouve, il peut proposer une prise de sang avec dosage des enzymes musculaires et du fonctionnement du foie et des reins, une analyse d'urine, une sonde nasogastrique ou une endoscopie en cas de suspicion d'obstruction. Une perfusion est souvent mise en place pour soutenir la circulation et protéger les reins. L'échantillon de plante ou de foin que vous avez conservé peut orienter des analyses ciblées.
Ceci décrit un déroulement possible, et non un diagnostic. Seul un vétérinaire, après avoir examiné votre cheval, peut dire de quoi il s'agit.
Les autres causes possibles de ces signes
Trembler et baver peut aussi correspondre à d'autres situations, elles non plus jamais anodines :
- un coup de chaleur, après un transport ou un effort par forte température ;
- une hypocalcémie chez une jument qui allaite, avec tremblements, raideur et respiration saccadée ;
- le tétanos, chez un cheval mal vacciné, avec raideur, troisième paupière qui remonte et mâchoires bloquées ;
- une lésion de la bouche : mors mal réglé, épillet planté, dent cassée, ronce coincée entre les dents ;
- une intoxication chimique : produit de traitement, désherbant, peinture, rodenticide ;
- chez les chevaux au pré, une salivation liée à un champignon du trèfle, plus bénigne, mais qui ne se diagnostique pas à distance.
Comme il est impossible de faire la différence de l'extérieur, et que plusieurs de ces causes tuent en quelques heures, la conduite la plus sûre reste la même : appelez immédiatement un vétérinaire.
Votre vétérinaire habituel
C'est lui qui connaît votre animal ; appelez-le en priorité, même en dehors des heures d'ouverture (message de garde).
Une urgence près de chez vous
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Sources
- Overview of Veterinary Toxicology — MSD Veterinary Manual
- Botulism in Horses (Horse Owners) — MSD Veterinary Manual
Mise à jour : 2026-08-12. Orientation destinée au propriétaire ; elle ne remplace pas l'examen d'un vétérinaire.