poney refuse de marcher et campe
Un poney qui tend les antérieurs devant lui, reporte son poids sur les talons et refuse d'avancer cherche à soulager ses pieds. Ces signes peuvent notamment être compatibles avec une fourbure aiguë, souvent liée à l'herbe riche, à un excès de céréales ou à un syndrome métabolique fréquent chez les poneys et les races rustiques. L'os du pied peut basculer en quelques heures. Appelez immédiatement un vétérinaire ou un service de garde, sans attendre de voir s'il se remet à marcher. Le questionnaire ci-dessous aide à préciser l'orientation, mais ne doit pas retarder l'appel.
Urgence — appelez tout de suite
Appelez immédiatement votre vétérinaire ou un service de garde, sans attendre le questionnaire, si :
- il se campe, antérieurs tendus en avant et poids reporté sur les talons
- il refuse d'avancer ou fait quelques pas très courts et douloureux
- ses pieds sont chauds et le pouls au paturon bat fort
- il se couche beaucoup et refuse de se relever
- il tremble, transpire ou souffle alors qu'il est au repos
Préciser votre situation
Répondez à une ou deux questions pour obtenir tout de suite une orientation adaptée. Ce parcours complète les informations ci-dessous ; il ne les remplace pas.
Votre poney se campe, refuse d'avancer, et ses pieds sont-ils chauds avec un pouls qui bat fort ?
Pourquoi ces signes sont préoccupants
Un poney qui plante ses antérieurs devant lui, recule le poids sur ses postérieurs et refuse d'avancer adopte une posture bien précise. Il cherche à soulager la pointe de ses pieds. Cette attitude, que l'on appelle se camper, est l'un des signes les plus caractéristiques de la fourbure aiguë.
La fourbure est une inflammation des lames qui suspendent l'os du pied à l'intérieur du sabot. Quand ces lames cèdent, l'os bascule ou descend dans la boîte cornée. Ce basculement se joue parfois en quelques heures, et il est en grande partie irréversible : c'est pourquoi une fourbure prise très tôt n'a rien à voir avec une fourbure prise le lendemain.
Les poneys et les chevaux de race rustique y sont particulièrement exposés, surtout en surpoids, au printemps ou après un accès à de l'herbe riche. Ces signes peuvent aussi être compatibles avec d'autres situations douloureuses. Dans tous les cas, appelez tout de suite un vétérinaire, sans attendre de voir si votre poney se remet à marcher.
Les signes d'alerte à reconnaître
Observez votre poney sur place, sans le faire marcher :
- il se campe : antérieurs tendus vers l'avant, postérieurs ramenés sous le ventre, encolure basse ;
- il refuse d'avancer, ou marche en posant les talons d'abord, par pas très courts ;
- il pivote difficilement, se bloque au moment de tourner ;
- ses pieds sont chauds et le pouls au paturon bat fort : passez le doigt sur le côté du paturon, à la face interne, et comparez les quatre membres ;
- il réagit vivement à la pression sur la sole, surtout en pince ;
- il se couche beaucoup, refuse de se relever, ou reste couché de longs moments ;
- il tremble, transpire, souffle au repos, garde le regard fixe ;
- il ne mange plus, ou mange en restant immobile.
Un poney qui se couche pour soulager ses pieds n'est pas un poney tranquille. C'est un poney qui souffre beaucoup.
Les causes possibles les plus fréquentes
Seul un examen permet de trancher, mais parmi les causes possibles :
- Fourbure aiguë : la cause la plus fréquente de cette posture. Douleur touchant surtout les antérieurs, pieds chauds, pouls fort, refus de marcher.
- Laminite installée : lorsque l'inflammation des lames dure ou se répète, l'os du pied bascule et la douleur devient chronique, avec des crises aiguës. Des cernes marqués sur la paroi du sabot en témoignent souvent.
- Syndrome métabolique équin : un trouble fréquent chez les poneys et les races rustiques, avec embonpoint, dépôts de graisse sur l'encolure et au-dessus de la queue, et une forte tendance à la fourbure.
- Accès à l'herbe riche : herbe de printemps ou d'automne, pré fraîchement poussé après la pluie, sortie prolongée, prairie fertilisée. Ce déclencheur est classique chez le poney.
- Excès de céréales : sac de granulés éventré, distribution trop généreuse, accès accidentel au local d'aliments.
- Trouble hormonal du poney âgé : poil long qui ne tombe pas, sudation, fourbures à répétition.
- Maladie générale ou infection sévère, qui peut déclencher une fourbure secondaire.
Ce qu'il faut faire immédiatement
- Appelez tout de suite votre vétérinaire équin ou le service de garde, et décrivez la posture, la chaleur des pieds et le pouls au paturon.
- Ne le faites pas marcher. Chaque pas fait travailler des lames déjà en souffrance. Laissez-le exactement où il est, même s'il est au pré, tant que vous n'avez pas eu de consigne.
- Mettez une litière très épaisse sur place : paille, copeaux ou sable, jusque sous les pieds, pour amortir l'appui et lui permettre de se coucher.
- Retirez immédiatement l'accès à l'herbe et à tout aliment concentré : granulés, céréales, friandises, pain, pommes, carottes.
- Laissez du foin à disposition, en petite quantité, et de l'eau propre, sauf avis contraire du vétérinaire.
- Demandez au téléphone s'il faut refroidir les pieds, et faites-le dès qu'il vous le confirme. Le refroidissement continu du pied et du bas du membre, jusqu'au boulet, est la mesure qui limite le mieux les lésions des lames, et tout son bénéfice se joue dans les premières heures. Votre vétérinaire vous dira comment procéder et combien de temps le maintenir.
- Retirez tous les autres animaux du même espace pour qu'il ne cherche pas à les suivre.
- Notez l'heure de début, ce qu'il a mangé et où il a pâturé ces derniers jours.
Ce qu'il faut éviter
- Ne le faites pas marcher « pour activer la circulation » ni pour le rentrer au box : la marche aggrave la fourbure.
- Ne le laissez pas au pré, même quelques heures de plus, et ne comptez pas sur un simple panier de pâturage.
- Ne donnez aucun médicament, aucun anti-inflammatoire, aucun reste d'ordonnance sans avis vétérinaire.
- N'improvisez pas un refroidissement partiel ou de quelques minutes : le froid n'aide que s'il est continu et s'il couvre le pied jusqu'au boulet. Posez la question dès votre appel plutôt que d'attendre la visite.
- Ne le mettez pas à la diète totale : un poney privé de tout fourrage peut développer d'autres troubles. Retirez l'herbe et les céréales, pas le foin.
- Ne faites pas déferrer ni parer en urgence par quelqu'un qui n'aurait pas parlé au vétérinaire.
- N'attendez pas le lendemain pour voir s'il va mieux : les heures perdues se paient sur la position de l'os du pied.
Les informations utiles à transmettre au vétérinaire
Pour aider l'équipe à se préparer, rassemblez si possible :
- l'heure d'apparition des signes et leur évolution depuis ;
- les pieds concernés : antérieurs seulement, les quatre, un seul ;
- la chaleur des pieds et la force du pouls au paturon ;
- l'alimentation récente : temps passé au pré, changement de prairie, quantité de granulés, accès accidentel à un sac ;
- l'état corporel : embonpoint, dépôts de graisse sur l'encolure ou la base de la queue ;
- les antécédents : fourbures précédentes, cernes sur les sabots, poil long qui ne tombe pas, sudation excessive ;
- la date du dernier parage ou de la dernière ferrure ;
- l'âge, la race et le poids approximatif, ainsi que les traitements en cours ;
- toute maladie récente, diarrhée, infection ou traitement suivi ces dernières semaines.
Le déroulement probable de la prise en charge
Sur place, le vétérinaire examine la posture, palpe les pieds, apprécie la chaleur et le pouls digité, puis utilise une pince à sonder pour situer la douleur. Il évalue également l'état général et cherche une cause déclenchante.
Des radiographies des pieds sont fréquemment réalisées : elles montrent la position de l'os du pied à l'intérieur du sabot et servent de référence pour la suite. Une prise de sang peut rechercher un trouble métabolique ou hormonal. La prise en charge associe en général un traitement de la douleur, un soutien de la sole par des semelles ou un support adapté, un repos strict sur litière profonde, puis un travail au long cours avec le maréchal-ferrant.
Ceci décrit un déroulement possible, et non un diagnostic. Seul un vétérinaire, après avoir examiné votre poney, peut dire de quoi il s'agit et ce qui convient.
Les autres causes possibles de ces signes
Se camper et refuser d'avancer n'est pas toujours une fourbure :
- une myosite (« coup de sang ») : muscles durs et douloureux, transpiration, urines foncées ;
- une colique : le poney se campe, gratte, se regarde le ventre, refuse de bouger ;
- un abcès de pied touchant plusieurs pieds, ou une contusion des soles après un sol dur ou un parage court ;
- une fracture ou une atteinte grave d'un membre, qui modifie tout l'appui ;
- un tétanos chez un poney non vacciné : raideur générale, membres tendus, troisième paupière qui se rabat ;
- une atteinte neurologique ou une grande faiblesse générale.
Comme il est impossible de faire la différence de l'extérieur, et que la fourbure se joue en quelques heures, la conduite la plus sûre reste la même : ne le faites pas marcher, retirez l'herbe et les céréales, et appelez immédiatement un vétérinaire.
Votre vétérinaire habituel
C'est lui qui connaît votre animal ; appelez-le en priorité, même en dehors des heures d'ouverture (message de garde).
Une urgence près de chez vous
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Sources
- Laminitis in Horses — MSD Veterinary Manual
- Disorders of the Foot in Horses (Horse Owners) — MSD Veterinary Manual
Mise à jour : 2026-08-12. Orientation destinée au propriétaire ; elle ne remplace pas l'examen d'un vétérinaire.